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Ernest Pepin

Publié par Ernest Pepin

Variations sur la peinture de Pierre Lesc

Comme de nombreux peintres Pierre Lesc nous invite dans une demeure enchantée où les couleurs organisent la métamorphose des formes afin de réorganiser la “ vision “ du réel .

Mais pour un artiste et en particulier un peintre qu’est-ce que le réel ? C’est une question fondamentale dont la réponse habite le pinceau, la palette et la main avant que ne vienne la sublime révélation de l’œuvre.

Pierre Lesc a le mérite de proposer “ sa “ réponse. Au carrefour de l’imaginaire et du monde des apparences , il avance ses toiles comme autant de paris à gagner au guichet imprévisible de l’Art.

Ce qui séduit d’abord l’œil , c’est un chromatisme très personnel où les éclats semblent tamisés par la volonté de maitriser les nuances.

Rien n’explose, une douceur presque crépusculaire nimbe les teintes et amollit le regard . Pourtant la force est là , tapie dans le tracé qui rappelle les nervures d’un vitrail moderne.

Il suffit pour s’en convaincre de se laisser absorber par la chaise. A priori la banalité du thème n’incite à aucune rêverie. Cependant le prosaïsme de l’objet se pare d’une connotation mystérieuse du fait qu’une présence y est suggérée à travers l’absence. Le personnage n’apparaît pas mais son univers nous est restitué en notations légères et intimes qui donnent aux couleurs la saveur d’une langue secrète.

Sanguine allie la fluidité d’une coulée à la structuration presque cubiste de plans conjointés.

Sous le soleil du carnaval évite les poncifs des couleurs vives pour dire l’intériorité ” d’une atmosphère floue comme un halo de chaleur.

Il suffit de se promener dans cette “ galerie ” pour comprendre que Pierre Lesc ne veut pas prétentieusement exposer mais au contraire nous convier à une rencontre dont il détient le code.

C’est d’une cérémonie dont il s’agit… La lectrice , Jérusalem , homme de dos surgissent de la toile pour naître dans notre rétine comme des traces d’un rêve solitaire qui ne fait que commencer.

Je veux dire que nous gardons “ l’empreinte “ de ces tableaux bien longtemps après les avoir regardés. Ils nous invitent à une communion avec un espace temps mi- onirique mi- réaliste.

Je veux dire que Pierre Lesc n’est pas seulement un peintre mais un allumeur de sens et un passeur d’émotions. Le tableau n’est qu’un prétexte , seule compte notre capacité à en faire le miroir d’une réalité toujours problématique et d’une esthétique de la méditation extériorisée.

Ernest Pépin